L’histoire de Genopole, et son avenir, se confondent avec l’une des aventures scientifiques les plus fascinantes des XXème et XXIème siècles : la connaissance complète de l’information génétique de l’homme, son génome, qui n’est rien d’autre que son système d’information. Les conséquences en médecine (médecine personnalisée, moléculaire et génétique) de ces connaissances sont considérables. Dans le domaine industriel, bien au-delà de la santé humaine, les biotechnologies fécondent la plupart des secteurs importants : biomédicaments, agroalimentaire, bioénergie, matériaux biosourcés, traitements de problèmes environnementaux, chimie verte, chimie fine.

Les progrès accomplis au sein du Genopole en génétique humaine permettent désormais d’identifier rapidement les gènes à l’origine des 7 000 maladies génétiques rares, de les utiliser comme médicament (thérapie génique, chirurgie génétique), de mieux cerner les bases génétiques des maladies fréquentes (obésité, maladies cardiovasculaires, cancers, maladies neuropsychiatriques) et permettent, grâce à la connaissance de la fonction de ces gènes, de rechercher de nouveaux médicaments.

Cette nouvelle médecine, génétique et moléculaire, sera désormais enrichie par la découverte, il y a quatre ans, par le chercheur japonais Yamanaka (Prix Nobel 2012), de la possibilité de reprogrammer des cellules du corps en cellules souches pluripotentes à partir de cellules du corps.

Cette découverte primordiale engendre un nouveau secteur de la médecine dite « médecine régénérative », susceptible de traiter, de manière efficace, des pathologies aussi graves que les maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, insuffisance myocardique), les pathologies rhumatismales, les lésions irréversibles de la moelle épinière et nombre de maladies dégénératives (maladies neurodégénératives (Huntington, Parkinson, sclérose en plaque, SLA), maladies neuromusculaires (myopathies, neuropathies périphériques, etc.).

Ces approches génétiques et cellulaires des maladies, l’utilisation de l’ADN comme médicament et celle des cellules souches pluripotentes, que l’on appelle « les biothérapies », vont constituer un nouveau corpus de connaissances médicales et de nouvelles approches thérapeutiques, que l’on pourrait dénommer « géno-biomédecine ».

Genopole participe activement à cette révolution qui, à partir des connaissances et de la compréhension du génome de l’homme, aboutit à une médecine personnalisée nouvelle et à un monde industriel revisité par les sciences du vivant.

Issue directement de ces connaissances, une autre importante révolution scientifique et industrielle se prépare : la biologie de synthèse qui permettra la fabrication de précurseurs chimiques ou de médicaments complexes capables, par exemple, dans le futur, de reconnaître des tissus malades et d’y libérer les molécules actives, de traiter des problèmes environnementaux (biodégradation de marées noires), de réaliser la production de bioénergie, biomatériaux complexes, etc.

Une aventure couronnée de succès

Lancé en 1998, à la suite de la création du Centre National de Séquençage (1996) et du Centre National de Génotypage (1997), Genopole s’est vu confier, par l’Etat, deux missions principales :

1. Créer, ex nihilo, un campus universitaire et de recherche en génomique, en sciences connexes, et plus globalement en sciences du vivant. A l’époque, l’Université d’Evry était spécialisée dans les matériaux et ne comportait pas de département de biologie.

2. Construire un biotechparc préfigurant un biocluster de haute technologie en sciences de la vie, initiative originale, unique en France.

Grâce à la création du Genopole :

1. L’Université a développé un département de biologie important, allant du L1 à l’école doctorale, en partenariat avec l’Université de Versailles-Saint Quentin.

2. 21 laboratoires sont aujourd’hui installés sur le bioparc.

3. 18 infrastructures, plates-formes, ou équipements de recherche mutualisés ont été installés sur le site pour être mis à la disposition de laboratoires de recherche et des très jeunes entreprises présentes.

4. 125 entreprises ont été labellisées par Genopole depuis 1998 (9 par an), à partir de plus de 350 contacts établis au cours de cette même période. 105 sont encore aujourd’hui en activité, dont 73 dans le portefeuille de Genopole. Trente-deux ont quitté le biocluster, ont été rachetées ou ont fusionné (25,6 %). Vingt ont cessé leurs activités définitivement. On peut donc considérer que le taux de réussite est de 84 %.

5. Genopole regroupe aujourd’hui plus de 2 100 emplois directs et génère environ 5 000 emplois indirects.

Pendant cette période, les entreprises ont levé plus de 310 M€ de fonds propres, et quatre sociétés ont été introduites en Bourse, ce qui correspond à un effet de levier de 6, en regard des budgets consacrés par Genopole à la création, l’accueil et l’accompagnement des entreprises. Les sociétés du portefeuille Genopole réalisent aujourd’hui un chiffre d’affaires cumulé de plus de 120 M€ par an, dont une part importante à l’export.

Ces entreprises sont majoritairement investies dans le secteur de la santé, allant du médicament au neutraceutique, en passant par le diagnostic et les biomarqueurs. Une plus petite partie se consacre aux domaines de l’agro-industrie, de l’environnement, des services, etc.

Ces chiffres positionnent Genopole au rang de premier biocluster français de taille similaire aux grands centres européens récents (Munich, Barcelone, Stockholm, etc.), loin cependant des grandes métropoles mondiales, leaders dans ces domaines, comme Boston, San Diego ou quelques autres.

Ceci a pu être réalisé grâce aux dotations financières importantes venant de l’Etat (20 %), de la Région Ile-de-France (43 %), du Conseil Départemental (32 %), de la Communauté d’agglomération (1,2 %) et de l’AFM (2,7 %). Ces financements ont permis notamment l’acquisition de surfaces immobilières et d’infrastructures pour l’installation de laboratoires ou de services, mais également le soutien direct de certaines activités scientifiques orphelines.

Le modèle de Genopole est unique en France.
Son efficacité repose sur plusieurs composantes :

• Une équipe professionnelle, riche des compétences diverses en finances, sciences, management…,
• Un fonds de pré-amorçage, appelé Genopole 1er Jour, mis en place avec la Caisse des Dépôts (devenu, en 2008, G1J Ile-de-France, avec la participation de la Région Ile-de-France),
• Un comité d’experts scientifiques et industriels,
• Une offre immobilière adaptée aux besoins de ces entreprises, allant du bureau à l’hôtel d’entreprises, en passant par la pépinière, que la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Essonne gère en partenariat étroit avec Genopole,
• Un environnement intégré permettant aux laboratoires et entreprises de Genopole de bénéficier de plates-formes, d’équipements, et ainsi, de développer des pratiques nouvelles, en particulier en matière de recherche clinique,
• Une politique ambitieuse d’infrastructures qui dote les laboratoires et les entreprises d’outils performants,
• Des services mutualisés (services informatiques, bibliothèque électronique…), une structure de partage de compétences par le groupement d’employeurs Biosupport (administratif, financier, juridique, assurance qualité qui s’impose, s’agissant par exemple de plates-formes destinées aux industriels), le partage de managers pour les jeunes entreprises en création,

Genopole tourné vers l’avenir

Genopole ne se contente pas de ses acquis. A travers un plan de développement d’ici à 2025, Genopole a vocation à devenir le biocluster de niveau mondial, référence pour les technologies de la médecine du futur et pour les nouvelles applications industrielles des biotechnologies.

Les enjeux sont donc très importants.

Genopole doit concourir au soutien de la compétitivité française en mobilisant de nouvelles énergies, de nouvelles idées, de nouveaux investissements.

Genopole voit poindre l'aube d'une révolution médicale. La médecine personnalisée, moléculaire, cellulaire et génétique, capable de reconstruire et de repeupler des organes ou des populations cellulaires défaillants, va totalement modifier l'approche thérapeutique des maladies cardiovasculaires, des cancers, de la maladie de Parkinson, des maladies génétiques, qu’elles soient fréquentes ou rares.

Les enjeux industriels sont tout aussi considérables. Les technologies issues du vivant, en particulier de la biologie de synthèse, seront plus respectueuses de l’environnement et féconderont des secteurs industriels de première importance comme les matériaux, la chimie, les traitements des problèmes environnementaux, l’agroalimentaire, l’agrochimie, l’énergie, et bien entendu l’industrie du médicament.

Ce pari sur l'avenir, loin d'être insensé, s'appuie sur :

• Les progrès fulgurants réalisés par les biotechnologies et les espoirs qu'ils suscitent,
• La forte croissance mondiale des biotechnologies, que la biologie de synthèse va révolutionner,
• Une forte actualité des biotechnologies consacrées à la santé, au sein desquelles la médecine régénérative représentera un marché d’avenir,
• Un secteur de biotechnologie blanche présentant un impressionnant potentiel de création d’emplois directs et indirects,
• Une forte visibilité de la région francilienne et de l’Essonne dans ces domaines.

Sans l’appui du secteur public, notamment l’Etat, la Région et le Département, Genopole n’aurait pas pu prendre son essor.

Cela représente un budget conséquent pour le Département, environ 5 millions d’euros par an.

Mais cet argent n’est pas une simple subvention. C’est un investissement.

Parce que grâce à la grande vigilance et aux compétences mondialement reconnues de son Directeur Général, Pierre TAMBOURIN, Genopole articule son développement autour de 4 missions indissociables : scientifique, entrepreunariale, territoriale et sociétale.

Parce que, ce plan de développement prévoit, en 2025, 30 à 35 laboratoires de recherches sur le site, 130 entreprises, 5 000 emplois directs et 8 000 à 10 000 emplois indirects.

Parce qu’enfin, Genopole c’est une image de réussite et de performance pour toute l’Essonne qui donne à notre Département un poids réel en Ile-de-France et bien au-delà.