C’est avec intérêt qu’en séance publique du 14 mars dernier, nous avons auditionné notre premier Grand témoin en la personne de Christophe Hillairet, président de la chambre d’agriculture interdépartementale d’Ile-de-France, personnalité des plus qualifiées et représentatives du monde agricole, pour nous exposer les attentes en la matière.

Au regard de l’actualité des dernières semaines, son exposé n’a pas manqué de résonnance et son propos a retenu toute mon attention, notamment pour construire nos politiques publiques sur le territoire essonnien.

 La ruralité et l’agriculture représentent un potentiel de développement économique en Île-de-France trop longtemps délaissé par les politiques successives et dont il faut aujourd’hui se saisir pleinement.

Je me réjouis de constater que les choses vont évoluer dans le bon sens avec la nouvelle majorité au Conseil régional, qui a pris la mesure de l’érosion du monde agricole et l’ampleur de son potentiel économique, en créant une Direction adossée à une vice-présidence dédiée à la ruralité et au monde agricole.

L'Essonne doit être un département pionnier et ambitieux. Nous avons de beaux fleurons sur notre territoire, comme Darégal, et de beaux projets qui se concrétisent comme la filière Gâtichanvre*. On ne peut ignorer que 40% de la production nationale de cresson est d’origine essonnienne, ni que le poulet fermier du Gâtinais, produit exclusivement en Essonne et trois autres départements limitrophes, est protégé par indication géographique protégée (IGP).

Une coopération exemplaire doit s’initier : nous avons déjà élaboré un premier partenariat efficace entre les collectivités, le département et la Chambre interdépartementale d’agriculture d’Île-de-France pour permettre l’installation de maraîchages bio sur les terrains de l’ancienne base 217.

 

"Il faut aujourd’hui aller plus loin et s’associer pour résoudre la problématique des terres agricoles dévorées au profit de projets urbains."

 

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Eviter, réduire, compenser

A cette occasion, j’ai également interpellé Christophe Hillairet sur la question du principe de compensation agricole.  Quelles mesures le département peut-il mettre en place sur les questions de foncier agricole ? Et comment contribuer ensemble au développement de la filière agricole de notre territoire ?

Celui-ci a rappelé à l’assemblée départementale les grandes lignes du principe de compensation agricole qui vise à préserver les terres agricoles et d’en limiter la réduction par les travaux d’aménagements publics ou privés. Eviter, réduire, compenser les impacts sur le milieu naturel est l’obligation légale faite aux maîtres d’ouvrage lorsqu’un projet urbain (logements ou zones d’activités) se met en œuvre. Trois dimensions, environnementale, sociale et économique, président à la finalité du principe ERP (éviter, réduire, compenser).

Dans le prolongement, la Loi Avenir votée en octobre 2014 (décret d’application en attente) étend désormais cette obligation aux terres agricoles : outre l’agriculteur impacté par les pertes de revenus, même s’il est reçoit des indemnisations d’éviction, le tissu économique local en liaison avec son activité en subit un préjudice économique collectivement.

Financer des projets d’intérêt collectif

Pour corriger cette perte de valeur ajoutée, la mise en place d’un fonds de compensation, abondé par le maitre d’œuvre des travaux, servira à financer des projets agricoles d’intérêt collectif et/ou à être réinjecté en direction de l’économie verte : travaux de modernisation, soutien aux circuits de proximité, aux filières innovantes.

D’ores et déjà, la Chambre interdépartementale de l’Île-de-France, s’est emparée du sujet, et sur le département des Yvelines, a signé une convention avec le groupe de travaux publics Colas.

En Essonne, Christophe Hillairet s’est prononcé pour une implication du département dans le comité de gouvernance de ces fonds.

Un premier projet pourrait bénéficier de ce dispositif, la filière chanvre* pour l’industrie du bâtiment.

L'objectif de Gâtichanvre est de fournir notamment des matériaux d’isolation et de construction durables, produits et transformés localement. 

Pour aller plus loin : http://www.ile-de-france.chambagri.fr/